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Mon havre de paix

Mon havre de paix - Suzanne Labelle

Ma passion pour le jardinage m’a emmenée aux quatre coins du monde. Les relevés botaniques que j’effectuais dès que j’en avais l’occasion, étaient mon passe-temps préféré. J’avais conservé des herbiers qui présentaient certaines fleurs que j’avais pu observer. Mon emploi me donnait souvent l’occasion de découvrir d’autres pays. Un hibiscus cueilli dans le Karnataka, un edelweiss de Suisse, des feuilles de thé du Yunnan… Ma collection regroupait des végétaux d’espèces présentes partout sur notre planète. J’avais aussi quelques raretés qui venaient d’une montagne de l’Himalaya. Mais ma pièce maîtresse, était une orchidée séchée. Peu de spécimens de cette variété avaient été recensés. Je tenais du bout des doigts la feuille de papier buvard sur laquelle elle était exposée.

Je m’étais installée pour ma retraite dans un paisible village. Les maisons anciennes étaient regroupées dans trois rues. J’étais tout au bout de l’une d’elles. Mon jardin avait une mare naturelle. Sans barrière, il s’étendait sur la prairie humide avoisinante. Les grenouilles et les crapauds se produisaient en concert les soirs ou les après-midis de printemps, surtout quand le temps allait tourner à la pluie. Les iris des marais couvraient de jaune les abords de la pièce d’eau. Les espèces sauvages proliféraient. La contemplation de cette nature foisonnante de vie me détendait. J’avais trouvé mon havre de paix.

J’avais invité quelques amis à partager cette oasis de verdure et ses bienfaits. Hélène et Patrick devaient arriver par le train de trois heures le lendemain. La préparation de leur chambre me monopolisa une grande partie de ma journée. Je recevais, pour la première fois depuis mon installation, des personnes dans cette pièce. Elle n’avait pas été aérée ni dépoussiérée depuis trois mois. Les toiles d’araignée pendaient des poutres, une souris avait grignoté le couvre-lit et la fenêtre ayant été mal fermée, de l’eau était rentrée, humidifiant le mur et le papier peint, qui se décollait. Je remédiais à ces petits tracas. Je me disais que l’activité m’aiderait à maigrir rapidement. Le lendemain matin, quand je me levais, j’étais courbaturée. Pire, le bas de mon dos me faisait tant souffrir que j’eus du mal à me lever. J’appelais mes amis pour les informer de mon impossibilité à venir les accueillir en voiture, puis j’envoyais un taxi qui les ramènerait à la maison. Ils me trouvèrent allongée sur le canapé, sans pouvoir bouger. Je comptais sur Patrick, qui connaissait la kinésithérapie. Il procéda à quelques manipulations qui m’aidèrent à retrouver une position verticale dès le lendemain. Je pouvais enfin me consacrer totalement à mes invités.

 

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Je suis une passionnée des arts. J'adore me retrouver devant une œuvre pour tenter de ressentir ce que l'artiste a voulu nous faire savoir. C'est sans doute dans cette même ligne de pensée que j'aime me retrouver ici, le soir, à vous raconter mes états d'âme, mes humeurs, même rêves. J'espère que vous aurez autant de plaisir à me lire, que j'en ai à vous écrire...