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Ma relation avec mes plantes

Ma relation avec mes plantes - Suzanne Labelle

J’ai des petites manies bien à moi. Mon mari connaît mes habitudes quotidiennes excentriques. Par exemple, lorsque j’arrose mes fleurs, au passage, je discute avec elles, les appelants par leur nom. Chacune d’entre elles a le sien.  Mon hibiscus rose s’appelle Héloïse, tandis que le mauve est Abélard. Mes rosiers rouge et rose qui encadrent mon entrée sont Roméo et Juliette. J’appelle le genévrier « Pythagore », et j’ai choisi pour l’érable du Japon « Sōseki ». Je leur parle du temps qu’il fait, je les encourage à grandir, à pousser, à croître. Je les vante sur leur beauté, leur santé, leur résistance aux maladies. On dira ce que l’on voudra, mais ça marche. Je suis arrivée en quelques années à de magnifiques résultats.

Bien sûr, ce rituel un peu étrange peut donner à certaines personnes l’occasion de penser que je suis folle. Je comprends tout à fait. Mais ce n’est pas pour autant que je m’arrêterais. J’ai toujours eu ce dialogue avec mes plantes, mes arbustes, mes arbres. D’ailleurs, des études ont prouvé que, si on leur parlait, les végétaux se sentaient mieux. « Une attention soutenue leur est profitable, et parler à ses plantes augmente leurs chances d’épanouissement », voilà ce que j’ai lu en toutes lettres dans une grande revue de jardinage, il y a une vingtaine d’années.

Un jour, j’avais reçu la commande du rideau pour extérieur, et je m’apprêtais à l’installer, quand le téléphone sonna. Ma fille se précipita. Elle resta quelques minutes, raccrocha, et vint me voir avec l’air d’avoir quelque chose à me demander. « Maman, s’il te plaît, est-ce que je peux inviter Sébastien ce soir ? Il pourrait dormir à la maison… » C’était la première fois qu’elle me demandait cela. Elle est en couple depuis presque une année avec ce jeune homme, dont je reconnais les qualités. Mais jamais elle ne l’avait invité à la maison. Ma fille a vingt-quatre ans, elle finit ses études de droit cette année. Elle déménage ce weekend, pour emménager avec son petit ami. C’est donc plus simple s’il dort ici, ils pourront partir plus tôt avec le camion qu’ils ont loué.

La soirée se passe bien. Je dors paisiblement et m’éveille en pleine forme le matin. Comme d’habitude, je descends dans le jardin, et je commence à converser avec chaque plante. Je n’avais pas vu le copain de ma fille, qui se rapproche de moi, et me surprend dans ce moment particulier. Il me rassure, voyant ma mine déconfite. Il adhère totalement à cette façon de faire. Je suis soulagée et je continue, l’esprit tranquille, mon tour quotidien.

 

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Je suis une passionnée des arts. J'adore me retrouver devant une œuvre pour tenter de ressentir ce que l'artiste a voulu nous faire savoir. C'est sans doute dans cette même ligne de pensée que j'aime me retrouver ici, le soir, à vous raconter mes états d'âme, mes humeurs, même rêves. J'espère que vous aurez autant de plaisir à me lire, que j'en ai à vous écrire...