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Limites de la globalisation

Limites de la globalisation - Suzanne Labelle

Le camion de l'entreprise qui doit s'occuper de la soumission toiture québec vient de se garer devant mon bureau. En fumant une cigarette, le chauffeur discute avec le propriétaire de la maison qui l’a appelé. À la blague, il lance que le traité de libre-échange avec l’Europe est prêt d’être finalisé. En réalité, la démarche semble achopper sur des malentendus techniques.

Contextualisation :

La globalisation est un enjeu politique dans bien des pays. Ces changements ont-ils atteint leurs limites ? Allons-nous avoir un phénomène contraire localement ? Cette réflexion est inspirée par les soubresauts des traités de libre-échange notamment avec l’Europe.

Le point de départ de la globalisation s’est caractérisé vers la fin des années 1980, par la délocalisation des savoir-faire. Les pays émergents à la main-d’œuvre meilleure marché, pouvait produire à meilleur coût, les produits. Cela correspondait à la période de production de masse. Ainsi, progressivement, des centres d’intelligence se sont déplacés en Asie. Certains savoir-faire occidentaux ont été perdus : entreprises fermées, départ en retraite. Or l’élite de ces personnes a étudié dans nos universités et est en mesure d’innover et de rattraper le retard que leur société avait. Le risque de contrefaçons, le risque de compétences supérieures en bout de ligne sont des menaces réelles.

Adaptation aux changements dans le vieux continent :

Pour réagir contre cette tendance, les marchés occidentaux ont développé des tactiques pour générer du travail et permettre la survie économique des personnes sédentaires. Ainsi, en Europe, un courant de développement de la marque des produits locaux s’est développé. Tout un encadrement de territoire de production, notamment pour l’agroalimentaire a été valorisé.

Des appellations d’origine contrôlée, des produits du terroir, des produits fabriqués localement avec des labels territoriaux. Il fallait y penser. Or cette parade de fabrication qui a permis à certains pays de résister à l’invasion des produits importés est menacée. Le tourisme est relié à la découverte des régions et de leurs spécificités.

Ambiguïté et confusion, source de blocage dans les négociations :

Or, vous avez trouvé depuis bien des années des usurpations d’appellation d’origine contrôlée. Ce concept qui lie le procédé à un terroir n’a pas de contrepartie réelle aux États-Unis d’Amérique. Ainsi, un conflit bloque les négociations d’une entente commerciale (Traité de libre-échange transatlantique – TTIP). Les Européens ne veulent plus voir leurs marques territoriales utilisées hors de leurs frontières pour des produits ressemblants, mais fabriqués hors de la zone d’origine. Par exemple : un champagne californien n’a rien de comparable à un champagne produit en Europe dans la région champenoise. Le prix varie grandement. Le terroir est différent. La méthode de champagnisation est parfois différente, notamment avec les vins blancs mousseux (technique différente). Cela va aussi pour le fromage, les charcuteries, les desserts dans des pays riches en tradition : Allemagne, Roumanie, Italie, Espagne, France… C’est comparable au sirop d’érable du Québec, qui était concurrencé par du sirop d’érable du Vermont, avec un goût différent, ou un vin de glace canadien qui était mis en compétition avec un vin de glace américain.

En conclusion, un traité secret qui soulève un tollé de protestations de part et d’autre des frontières de la part des agriculteurs et du tourisme, ne devrait-il pas être plus transparent ?

 

The author:

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Je suis une passionnée des arts. J'adore me retrouver devant une œuvre pour tenter de ressentir ce que l'artiste a voulu nous faire savoir. C'est sans doute dans cette même ligne de pensée que j'aime me retrouver ici, le soir, à vous raconter mes états d'âme, mes humeurs, même rêves. J'espère que vous aurez autant de plaisir à me lire, que j'en ai à vous écrire...