• Facebook
  • Twitter
  • Google +

D’époque en époque

D’époque en époque - Suzanne Labelle

L’histoire est souvent donneuse de leçons. Je découvrais un manuel économique datant d’il y a très longtemps, où figurait tout un système de gestion de patrimoine de cette époque. Dans ce temps-là, la gestion du patrimoine était une question de guerre ou de paix. De plus, une faillite était très souvent synonyme d’expulsion, ou encore, d’un retour à un esclavagisme certain. Il faut savoir aussi que chaque époque possède ses atouts et ses avantages, en ce qui concerne la gestion de patrimoine. Au moyen-âge, il suffisait de ne plus plaire au maître des terres, pour se voir confisquer des biens datant de plusieurs siècles.

Cela me rappelle une histoire que m’avait racontée une ancienne voisine à propos d’une de ses tantes, qui avait un domaine boisé et qui vivait de son bois. Chaque année, elle faisait abattre quelques arbres, et donnait pendant un certain temps, l’autorisation de chasser sur ses terres. Un jour, elle avait reçu un courrier de promoteurs immobiliers qui lui demandait de faire la vente de tout son domaine, pour permettre la construction de routes et de plusieurs villages. Elle refusait fermement, et avait su tenir tête pendant quelques années, en ayant une ribambelle d’avocats auprès d’elle pour repousser à chaque fois les échéances de la possible obligation de vente de ses terres. Trois ans plus tard, elle recevait de l’État, un document où on lui donnait une date des débuts de travaux de plusieurs routes passant par son domaine. Elle en mourait quelques semaines plus tard.

Il doit y avoir des batailles beaucoup plus difficiles que d’autres, et celle de se battre contre tout un état, doit l’être particulièrement. Si l’on s’est promis d’être garant de la protection d’un patrimoine construit pendant plusieurs siècles, légué par ces ancêtres, et que l’on ait tout fait pour le protéger de tous les intrus et de tous les curieux, dès le début de sa vie. Et qu’il suffit de voir l’état auquel on fait partie, se permettre de soustraire ce même patrimoine, sous prétexte de lois lui permettant toute action sur les biens d’autrui faisant partie de cet état, alors, il faut croire que les lois votées par ce même état, ne servent que dans un cadre bien précis du contentement des acquis qu’il se fait par rapport aux biens de ses citoyens. En fait, il est préférable de ne pas avoir les yeux plus gros que le ventre dans certains cas, autrement, les efforts joints de siècle en siècle se retrouvent réduits à néant.

 

The author:

author

Je suis une passionnée des arts. J'adore me retrouver devant une œuvre pour tenter de ressentir ce que l'artiste a voulu nous faire savoir. C'est sans doute dans cette même ligne de pensée que j'aime me retrouver ici, le soir, à vous raconter mes états d'âme, mes humeurs, même rêves. J'espère que vous aurez autant de plaisir à me lire, que j'en ai à vous écrire...