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Dames de compagnie, une profession à réinventer

Dames de compagnie, une profession à réinventer - Suzanne Labelle

Les dames de compagnie étaient autrefois (quand je dis autrefois, je me réfère à une époque révolue depuis longtemps, celle de la Monarchie, ou des débuts chaotiques de la République), très répandues. Ces dames de l'ombre, si importantes aux femmes de la haute société de par leur rôle de messagère, dame de confiance, et parfois, nourrice ou éducatrice des enfants des familles fortunées, disparurent petit à petit du modèle social bourgeois, remplacées par des femmes ou des hommes assignés à des tâches bien spécifiques et rémunérés comme des employés, comme des ouvriers de l'entreprise Foyer. Je pense que l'on peut dire sans se tromper, que les dames de compagnie étaient le liant de la société noble ou bourgeoise.

Une classe parmi la classe, elle comprenait généralement des jeunes femmes issues de la classe dirigeante, mais qui, de par leur rang dans l'ordre des naissances, ne pouvaient bénéficier des postes ou positions privilégiées et devaient se contenter de cette place de second rang dans la société, avant de pouvoir enfin prétendre à un mariage financièrement ou socialement intéressant. Pourquoi j'estime que cette profession devrait être réinventée et retrouver sa place dans nos sociétés contemporaines ? Tout simplement parce que l'on constate que le grand mal de notre époque est l'isolement, la solitude. Non seulement des personnes âgées, et notamment, des femmes âgées, souvent veuves, qui survivent à leur mari, 10, 20, et même, 30 ans, tout en étant à un âge où la probabilité de rencontrer un nouveau compagnon de vie est infime. Mais également, des femmes actives qu'elles soient à mi-temps ou temps complet et que la vie professionnelle et familiale empêche de tisser du lien social.

Le retour de l'assistante familiale permettrait donc de ré-humaniser nos sociétés. Sans compter les bienfaits que ferait le retour de cette profession pour l'économie et la santé publique. L'économie d'une part s'en verrait grandement favorisée en offrant à notre jeunesse désœuvrée une nouvelle classe de travail. La santé publique, quant à elle, en serait améliorée puisque ces dames de compagnie agiraient comme des agentes anti-dépressions et anti-solitude. Comme le disait mon frère qui travaille en tant que Syndic St-Jean-sur-Richelieu, alors même que les dépenses en médicaments et autres traitements psychologiques de la solitude ne cessent de creuser le déficit de la classe moyenne des gens. J'appelle donc avec ferveur, le retour de ces femmes de compagnie, en espérant bien sûr que, parité oblige, elle amène avec elle son lot d'hommes de compagnie.

 

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Je suis une passionnée des arts. J'adore me retrouver devant une œuvre pour tenter de ressentir ce que l'artiste a voulu nous faire savoir. C'est sans doute dans cette même ligne de pensée que j'aime me retrouver ici, le soir, à vous raconter mes états d'âme, mes humeurs, même rêves. J'espère que vous aurez autant de plaisir à me lire, que j'en ai à vous écrire...