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Conversation dans un bar

Conversation dans un bar - Suzanne Labelle

Je suis passée par le bureau de mon mari pour le rejoindre à la fin de la journée. Il a fallu que je l'attende un moment, car il était au téléphone avec une compagnie de remplacement toiture levis pour un travail urgent à faire. Ce n'était pas très grave, j'en ai profité pour discuter un peu avec la fille qui travaille à la réception. Sophie et moi, ne sommes pas vraiment proches, mais je la connais depuis quelque temps et je la trouve très sympathique.

Mon mari s'est finalement libéré et nous avons alors dit « au revoir » à Sophie. Nous avons décidé de nous arrêter un peu dans un bar du coin avant de rentrer à la maison, histoire de nous détendre un peu, surtout parce que mon mari était crevé.

Nous avons donc commandé deux cappuccinos que le serveur n'a pas tardé à nous servir. Donc, mon portable a sonné. C'était une bonne amie à moi qui était un peu désespérée. Mon mari n'a pas eu de problème que je réponde à l'appel puisqu'il savait que cette amie avait besoin de moi. Il m'a même fait signe d'aller à la porte pour parler plus tranquillement, que ça ne le dérangeait pas.

Ma conversation avec mon amie a duré plus ou moins dix minutes. Au moment où je suis retourné m'asseoir, j'ai remarqué que mon mari était en train de faire quelque chose que je n'aime pas du tout qu'il fasse. Il écoutait les conversations des gens aux tables voisines.

Dans ce cas-là, il écoutait la conversation de quatre jeunes hommes. Il secouait la tête lui, en affichant un sourire. Je lui ai donc demandé qu'est-ce qui le faisait sourire comme ça et il m'a expliqué à voix basse, presque en murmurant, que ces quatre jeunes hommes discutaient tout à l'heure au sujet du financement d'une entreprise, mais ils n'avaient pas l'air, d'après lui qui est un spécialiste en la matière, de savoir de quoi parlaient-ils. D'après ce qu'il a compris, ils voulaient démarrer leur PME, mais ils avaient des idées qui n'étaient pas du tout cohérentes, comme estimer un chiffre d'affaires exorbitant.

J'imagine que ces jeunes avaient un peu bu à ce moment-là. Mon mari a pensé la même chose. De plus, ils sautaient du sujet de leur PME à n'importe quel autre sujet, les vacances, leurs épouses, leurs groupes rock favoris...

Il m'a dit qu'il a pensé à balancer à ces jeunes son courriel professionnel pour devenir leur consultant. Heureusement, il ne l'a pas fait, mais il est bien capable de faire ce genre de chose. Mais dans les circonstances, je ne crois pas que ça soit la place la plus indiquée.

 

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Je suis une passionnée des arts. J'adore me retrouver devant une œuvre pour tenter de ressentir ce que l'artiste a voulu nous faire savoir. C'est sans doute dans cette même ligne de pensée que j'aime me retrouver ici, le soir, à vous raconter mes états d'âme, mes humeurs, même rêves. J'espère que vous aurez autant de plaisir à me lire, que j'en ai à vous écrire...